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La recherche google du moment : anti iufm

Vendredi 29 février 2008

         Ça faisait longtemps que nous n'avions pas eu d'animation au sein de notre établissement. Lors d'un cours, une élève est tombée de sa chaise. Elle était complètement inanimée sur le sol. Impossibilité pour ses camarades et pour son professeur de la réveiller.

         Les pompiers sont donc venus, et ont emmené cette élève qui était tombée dans les pommes.
 
         Forcément il s'agissait de l'attraction de la journée pour les élèves. Je ne vous explique pas comment faire cours après un événement comme celui-ci. Mieux vaut être souple lors du cours suivant et faire preuve d'écoute car certains élèves peuvent être perturbés.
 
         Nous avons su par la suite que l'élève c'était intoxiquée par une surdose médicamenteuse (des somnifères). En clair, elle s'est shootée, et elle a avalé les comprimés en cours …
         Le principal a donc naturellement retourné la faute à l'enseignant qui réalisait le cours lors de la prise des comprimés. Tout simplement parce qu'il n'a pas vu l'élève ingérer ces fameux cachets. Visiblement notre principal est bien loin de la réalité du terrain. Car lorsqu'une classe comporte environ 25 élèves dont un certain nombre agite le cours de manière négative et monopolise notre attention de tous les moments, il est difficile d'observer attentivement les autres élèves, qui eux ne perturbent pas le cours.
         Sympa !
 
         Heureusement l'élève est sortie de l'hôpital sans séquelle. Espérons qu'elle ne recommence pas.
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Photo : Cloître des Billets, Paris.
par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (7)   
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Mercredi 27 février 2008

         En beau milieu d'année, une nouvelle tête apparaît parmi nos élèves, l'enseignant le constatant va voir celui-ci. Cet élève est vautré dans sa chaise, les deux mains dans les poches. Tranquille, tout va bien ! 

         La discussion commence.
-         Le prof : "Comment t'appelles-tu ?"
-         L'élève : "Bidule."
-         Le prof : "D'où viens-tu ?" Sous entendant, de quel établissement viens-tu ?
-         L'élève : "Je viens de la prison."
-         Le prof : "Ah bon !!!" J'imagine la tête de mon collègue.
-         L'élève : "Oui, le juge m'a dit que j'avais le choix. Soit j'allais au collège ou je retournais en prison. J'ai préféré le collège." Tiens c'est bizarre !
 
         Tu m'étonnes, moi aussi j'aurais pris le collège. Mais à mon avis, l'élève a dû (enfin je l'espère) interpréter la parole du juge. Je pense qu'il a probablement eu une partie de sa peine en sursis, ce qui implique qu'il peut retourner en prison si il ne se comporte pas bien. Enfin ceux ne sont que des suppositions. Du coup il doit impérativement aller en cours. Merci pour le cadeau !
         Que voulez-vous faire avec un élément pareil dans votre classe ? Je sais bien que tout le monde a le droit à une 2nde chance, mais un peu de préparation entre les deux serait peut être utile …
         Personnellement je n'ai jamais eu de formation sur le sujet. Et l'élève qui vient de sortir fraîchement d'un établissement pénitencier ne doit pas être apte à suivre un cours normalement.
 
         Je précise que bien évidemment, l'enseignant en question a demandé confirmation auprès de notre hiérarchie. Celle-ci a confirmé les faits.
 
         Ce qui est important de constater, c'est que l'établissement possède une 2nde vertu (hormis celle d'éduquer nos élèves), celle de centre d'accueil pour anciens détenus. Nous aurons plus d'adeptes que la carte scolaire au moins …

         Je savais que nous pouvions compter sur le ministère pour nous envoyer de nouvelles recrues.
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Photo : La Tour Eiffel, Paris.
par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (9)   
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Lundi 25 février 2008

         Un élève plutôt perturbateur qui a déjà eu de nombreux problèmes au cœur de notre établissement (et même à l'extérieur) est arrivé en retard un matin. Le concierge ne lui a pas ouvert la grille comme c'est la règle. Le concierge a donc attendu l'intervention d'un adulte, le principal adjoint en l'occurrence. A l'arrivée de celui-ci l'élève s'est énervé d'avoir attendu et il a copieusement insulté le concierge ainsi que le principal adjoint, il les a également menacé (quoi de plus naturel). Le principal étant alerté par les hurlements de l'insurgé, est venu voir ce qui se tramait dans son établissement. Lorsque l'élève a obtenu ces trois adultes autour de lui (concierge, directeur et principal), il a forcément continué son spectacle en insultant, menaçant son public, de plus il s'est montré violent en frappant sur les murs, et en "balayant" ce qui se trouvait sur le bureau de l'entrée.

         Les adultes n'ont pas pu maîtriser cet élève ils ont donc appelé la police, forcément l'élève a sauté la grille pour sortir de l'enceinte du collège avant l'arrivée de la police.
         La police s'est donc déplacée pour rien …
 
         Un peu plus tard dans la journée, trois jeunes (dont l'élève en question) ont sauté la grille, cagoule sur la tête, et une barre de fer en possession de notre élève !
         Ces trois jeunes cherchaient le principal adjoint pour pouvoir se venger, ils sont rentrés comme une fleur dans les locaux de l'établissement, le principal adjoint s'est caché dans le collège (il n'avait pas vraiment le choix).
         Les classes où se déroulaient les cours ont été prévenues une à une qu'il fallait garder les élèves à la sonnerie. Mais les élèves ont pu contempler les actions qui se déroulaient dans la cours.
 
         Après plusieurs minutes d'errance des trois individus dans le bâtiment, les surveillants et la CPE ont réussi à les "chasser" de l'établissement, quelques insultes ont bien évidemment été prononcées …
         L'histoire c'est donc terminé sans casse, enfin nous ne sommes pas passés très loin du drame.
 
         Suite aux diverses plaintes déposées par les adultes insultés et menacés, la police a récupéré l'élève pour le mettre en garde à vue histoire de calmer le jeu.

         Un grand MERCI sincère à la police, qui visiblement exerce la même activité professionnelle que nous (les enseignants) : le social. Car, que pouvons nous faire, policier ou enseignant, d'un jeune délinquant ? Je crains que notre champ d'action soit réduit …
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Photo : Le Sacré coeur, Paris.

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (14)   
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Samedi 23 février 2008

         Tout d'abord, je commence par la traduction de ce nouveau sigle, P.P.R.E. veut dire : Programmes Personnalisés de Réussite Educative. Un bien joli terme, mais que trouvons nous derrière ces mots ? 

         Et bien c'est justement là que se situe le problème.
         Je commence mon explication en faisant un retour en arrière, précisément à la journée de prérentrée, puisque c'est là que tout commence.
         Lorsque nous débarquons (le "nous" étant les jeunes enseignants) dans ce nouvel établissement, et que nous découvrons notre emploi du temps avec des pavés nommés "P.P.R.E." parmi ceux de notre matière pour laquelle nous sommes enseignants.
         Forcément nous sommes interloqués par ce sigle. Bien sûre nous en avons entendu parlé, mais ceux sont simplement des bruits de couloirs, rien de très officiel.
         Donc nous allons à la pêche aux informations auprès de notre principal adjoint, qui nous répond : "La semaine prochaine vous débuterez les P.P.R.E.. Avec les professeurs principaux de chaque classe vous déterminerez les élèves en difficultés que vous prendrez en cours de P.P.R.E.. Ces groupes évolueront en fonction des besoins.". Mais que faut-il faire durant ces heures … du soutien scolaire ? "Durant ce temps, vous devez faire de la méthodologie, mais surtout pas de disciplinaire, c'est uniquement de la méthode".
 
         Avec ces quelques phrases, nous avons dû broder pour réaliser nos cours. De la méthodologie, mais sur quels points ? Voici quelques exemples :
-         Comment prendre un cours ?
-         Comment tenir son agenda ?
-         Comment faire son cartable ?
-         Comment faire ses devoirs ?
-        
 
         Le problème c'est que vous tournez vite en rond … et vous ne savez pas vraiment si ce que vous faites est bon …
 
         Après avoir mené ma petite enquête sur ce sujet, auprès de contacts de plusieurs établissements, je me suis aperçu d'une chose. Les P.P.R.E. signifient peut être quelque chose, mais leurs contenus diffèrent d'un établissement à l'autre ! Certains établissements font du soutien, voire même, améliorent les bases des élèves par rapport à la matière du professeur des P.P.R.E. et d'autres enfin, … de la méthodologie. 

         C'est ce que nous pouvons appeler de l'organisation (c'est ironique bien sûre). En même temps derrière un intitulé pareil que celui des P.P.R.E. (Programmes Personnalisés de Réussite Educative), il est difficile de savoir ce qu'il faut faire !

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Photo : Place Denfert Rochereau, Paris.

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (9)   
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Mercredi 20 février 2008
         Au beau milieu d'un cours, un élève parle sans articuler :
 
-         L'élève : "M'sieurs, j'ai ma dent qui saigne".
-         Le prof : "Que dis-tu ?".
-         L'élève : "J'ai ma dent qui est entrain de tomber, regardez …".
-         Le prof : "Non je n'ai pas besoin de regarder. Arrêtes de la faire bouger, tu verras cela durant la récréation."
-         L'élève : "Mais, je ne peux pas avaler ma salive ça a goût de sang.".
-         Le prof : "Allez arrête, tu avales et tu te remets au travail.".
 
         Il faut préciser que je ne le croyais pas vraiment, je pensais qu'il se fichait de moi (comme la majorité du temps dans ces cas là). Inutile de préciser que lors de cet échange, les autres élèves de la classe ont bien évidemment stoppés leurs travaux et en ont profité pour bavarder de plus belle. Certains ceux sont mêmes levés pour venir voir la fameuse dent en question et vérifier si sa dent bougeait ou non !
 
         Je mets quelques minutes avant de réobtenir le calme et reprends le cours où il s'est arrêté.
 
         Quelques instants plus tard … je vois cet élève se lever et venir me voir devant le tableau, il arrive devant moi et me dit :
 
-         L'élève : "Regardez, j'ai perdu ma dent, vous voyez, je ne mentais pas. Je peux aller aux toilettes pour me rincer la bouche.".
-         Le prof un peu gêné : "Oui tu peux y aller …".
 
         Imaginez mes élèves, ils se souciaient de la dent de cet élève plutôt que mon cours. Une fois de plus, mon cours était relégué au 2nd rang (voire plus) de leurs préoccupations. La petite souris passera-t-elle pour la dent perdue ? Là est LA question existentielle de ce cours !
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Photo : Paris.
par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (10)   
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Samedi 16 février 2008

         Lorsque je fais l'appel, je suis toujours surpris de constater qu'il n'y a pas d'élève en retard ni d'élève absent. Car ces cas là sont rarissimes ! Il est régulier d'inscrire 2 ou 3 élèves en retard et également 2 ou 3 élèves absents sur une classe qui comptabilise un effectif de 25 élèves. 

         Je commence par parler du fonctionnement de la sonnerie avant de passer aux retardataires.
         Tous les collèges sont dotés d'une sonnerie pour rythmer les élèves et les enseignants au fonctionnement de l'établissement. A la fin des récréations, une première sonnerie marque le moment de se mettre en rang dans leurs emplacements, pour les élèves et signale aux enseignants qu'ils doivent aller chercher leurs élèves. A la 2nde sonnerie les élèves sont théoriquement entrés dans la salle de cours. C'est rarement le cas, car il faut toujours attendre quelques minutes devant l'emplacement de la classe pour avoir au moins cinq élèves !
         Le plus souvent, les élèves ne sont pas rangés dans leurs emplacements et traînent dans la cour, histoire de prolonger la récréation. Donc vous commencez votre parcours avec une poignée d'élève (entre 5 et 10 élèves). Lors de votre avancée dans l'établissement pour atteindre votre salle de cours, vos troupes grossissent, et se renforcent, car lorsque les élèves vous aperçoivent dans la cour et dans les couloirs ils viennent rapidement rejoindre leurs camarades. Arrivé devant votre salle vous atteignez une vingtaine d'élèves.
         Il y a toujours 2 ou 3 élèves qui se permettent d'arriver quelques minutes après la sonnerie, tandis que les autres élèves sont déjà installés. Et vous font perdre encore quelques minutes sur votre cour, car forcément lorsqu'ils rentrent, ils agitent leurs camarades au passage, ne croyez pas qu'ils rentrent discrètement.
 
         Concernant maintenant les absents. Il est quasiment inimaginable d'avoir une classe sans absent. Entre l'élève qui ne vient jamais en cours de 8h à 9h, parce qu'il a regardé la télé tardivement la veille et qu'il préfère dormir. Celui qui a la flemme de retourner au collège l'après midi une fois passé chez lui entre 12h et 13h30 (car les élèves sont quasiment tous externes). Et le dernier qui choisit de jouer au foot l'après midi plutôt que venir en cours. Pour le peu qu'il y est une série télévisée qui passe en milieu d'après midi, vous augmentez soudainement votre nombre d'absents. Et le pire dans tout cela, c'est que je n'exagère pas et je ne tiens pas compte des vraies malades qui sont relativement faibles comparés aux autres !
         Pour finir en beauté, il y a ceux qui préfèrent carrément aller en permanence que venir à votre cours ! Car en permanence, les surveillants ne peuvent pas les obliger à travailler vu le nombre d'élèves qui y séjourne. Déjà que les profs ont des difficultés à mettre tous les élèves au travail …
 
         Depuis le début de l'année, il y a quelques élèves que j'ai vus moins de 5 fois. En fait, ils ne viennent presque jamais au collège …
 
         Que pouvons nous faire ? Pas grand-chose, enfin il existe bien une solution, mais celle-ci n'est jamais appliquée par souci d'éthique. Je veux parler des allocations familiales. Ce moyen de pression n'est peut être pas très déontologique, mais c'est exclusivement le dernier recours que les établissements possèdent face à l'absentéisme.
 
         Amputer le budget d'une famille plus que modeste n'est pas forcément très morale ni très bon. Malgré tout, je pense que dans certains cas (il faut bien entendu traiter ceci individuellement), nous devrions utiliser cette ultime solution. Car vaut-il mieux supprimer une partie des allocations sur 1 mois à une famille, ou laisser à l'abandon un jeune adolescent ?
 
         Actuellement, nous sommes au pied du mur, si nous ne sautons pas par-dessus, il ne tardera pas à s'écrouler sur nous !
 
         Il faut donc agir rapidement, soit en utilisant cet outil qui existe mais qui ne sert pas, ou trouver rapidement une autre arme contre l'absentéisme.
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Photo : Les égouts, Paris.
par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (13)   
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Mardi 12 février 2008
Non, il ne s'agit pas d'un tag sur ma salle de cours, mais d'un tag sur mon blog ... pour ma part, il s'agit de Jenny la martienne et Caloune  (j'ai donc bénéficié de 2 tags) voici la règle du jeu, qui est un peu "zarbe" comme nous disons :
- Livrez dans votre prochain article, 7 de vos secrets concernant votre vie, votre famille, votre enfance, votre animal… (liste non exhaustive).
- Recopiez la règle du jeu.
- Désignez ensuite 7 heureux gagnants, sans oublier de leur laisser un petit commentaire pour les prévenir que vous les avez tagués, puis invitez-les à venir consulter sur votre blog … la règle du jeu.

Voici donc 7 de mes secrets, qui n'en sont pas vraiment d'ailleurs (enfin je pense) :
- j'aime mon métier, car je ne m'ennuie jamais, c'est un défi qui mérite d'être relevé.
- j'avoue avoir eu envie de baisser les bras plusieurs fois.
- j'attend les vacances de février avec impatience pour me reposer, voir un peu ma famille, mes amis ...

il en reste encore 4 mais quoi dire de plus ...

- ah si je sais, je suis célibataire ... donc si vous êtes motivéessss envoyer CV + lettre de motivation, sans oublier les photos sur ma boîte mail ;-)
- mes parents me saoulent grave comme je suis célibataire, …
- j'ai la phobie des moustiques, vous savez comme dans la pub avec le "moustiquopat".

encore un dernier truc à raconter …

- j’adore l’aquariophilie, je sais c’est pas terrible, mais je n’avais plus que ça en stock.

A moi de taguer, donc voici la liste :
Le carnet du professeur carbure,
Prof militant, BBK.mel, P'tite maikress, Assistante d'éducation, Tietie007, matelsom.
Bonne visite à tous.
Proald.
par Le prof à la dérive publié dans : prof-a-la-derive recommander commentaires (11)   
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Mercredi 6 février 2008

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         La question du sondage était la suivante : Souhaitez-vous avoir des articles durant les vacances scolaires ?

         Le constat que nous pouvons tirer de ce sondage va être rapide, puisqu'à 94 %, vous avez répondu OUI. D'ailleurs durant l'activité du questionnaire, des vacances scolaires ont eu lieux, j'ai même continué à mettre quelques articles en ligne.
         Heureusement que la réponse à ce questionnaire est positive, car si le blog ne publie par d'article durant deux semaines et deux mois une fois par an (c'est-à-dire le temps des périodes de vacances scolaires), c'est une diminution importante d'audience qui est constatée à la reprise des cours. L Et oui, il est toujours difficile d'avoir une bonne assiduité …
 
         Par contre mon questionnaire aurait probablement mérité d'être détaillé. Car le fait de mettre des articles durant les vacances scolaires imposent d'avoir des articles qui datent un peu (de quelques semaines). Car forcément, pas d'élèves = pas d'histoires à raconter.
 
         Et je sais que plusieurs personnes n'apprécient pas forcément ce décalage entre le moment où ce produit l'évènement qui est raconté et l'instant où l'article est publié. Je me suis efforcé ces derniers mois à réduire cette marge au maximum. Mais malgré tout, il me faut bien un minimum de stock d'articles pour faire vivre le blog durant les vacances. C'est pour cela que j'en viens au nouveau questionnaire (Sondage 03) …
 
         Merci aux 102 personnes ayant répondu et merci également de répondre à ce nouveau questionnaire.
@tte.
Proald.
par Le prof à la dérive publié dans : prof-a-la-derive recommander commentaires (7)   
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Vendredi 1 février 2008

         Comme régulièrement, les enseignants bénéficient de quelques jours de formation par an, et cette semaine c'était mon tour avec d'autres collègues.

         Donc après avoir prévenu les élèves de la "triste" nouvelle que je ne pourrais pas assurer les cours en question (ils ont même crié de bonheur), j'en ai parlé à quelques collègues. Quelques un d'entre eux avaient déjà effectué cette formation, ils ont même fait preuve de compassion à mon égard avant que la formation débute !
         Je me suis donc présenté à celle-ci avec une opinion plutôt négative.
 
         La formation débute, tout le monde s'assoit à une table, sachant que ces tables sont en disposition rectangulaire pour faciliter ainsi les échanges. Nos deux formateurs sont du personnel d'encadrement, l'un est principal et le 2nd est proviseur. Pour ceux qui ne connaissent pas la différence, le principal est le boss d'un collège, tandis que le proviseur est le grand chef d'un lycée, général, technique ou professionnel.
         A la suite, nous effectuons le traditionnel tour de table, en nous présentant, Prénom, NOM, matière enseignée, établissement d'enseignement, …
         Lorsque je me présente, au nom de mon établissement, j'obtiens quelques remarques "ça doit être dur", "ah oui", "ouille", … Je constate donc que mon établissement est réputé … du mauvais côté vous l'aurez compris !
 
         Inutile de parler du sujet de cette formation qui n'a finalement que peu d'importance, voire même aucune. Par contre, ce qui est intéressant c'est de voir de quoi parlent les enseignants en formation. Et bien évidemment ils échangent sur leurs difficultés au travail, et il y en a beaucoup.
 
         Mais lors de cette formation, j'ai appris plein des choses très intéressantes, qui ne sont pas en lien avec l'intitulé de la formation.
         Nos formateurs ont délié leurs langues, car en temps normal, les personnels d'encadrement sont les derniers à expliquer ce qui ne va pas dans le système de part leurs positions hiérarchique et le fameux devoir de réserve qui est à un niveau supérieur que celui des enseignants (LI. La censure.).
         Qu'est ce que j'ai pu apprendre de si intéressant ?
        
         Et bien j'ai appris plein de statistique, par exemple, dans le lycée du formateur, il y a 50 % de perte d'effectif entre la rentrée pour la 1ère année du BEP et la présentation des élèves à l'examen soit 2 ans après !!! Où sont-ils passés ? Et bien ils sont tout simplement dans la nature, car ils ont plus de 16 ans, donc l'école n'est plus obligatoire. Un élève sur deux est par conséquent en échec scolaire avant même de passer le diplôme. Car ne croyais pas que les 50 % restant obtiendraient tous leurs BEP …
         Ce formateur a continué sur son discours fort instructif en nous posant une question : "D'après vous, sur une classe de 15 élèves en CAP, combien sont présents en moyenne sur l'année ? ".Nous ne savions pas vraiment quoi répondre, il reprend la parole pour nous donner la réponse : "En moyenne, c'est 5 élèves présents !". Ce qui correspond donc à un taux de 66 % d'absentéisme ! Le proviseur continue sur sa lancée, comme si il avait besoin d'en parler pour se libérer face à cette aberration : "L'absentéisme est un ravage de notre époque dans mon établissement, et nous subissons car nous ne pouvons rien y faire.".
 
         Si les proviseurs subissent, que faisons nous en tant que simple enseignant ?
 
         Il existe bien une solution, mais celle-ci n'est jamais appliquée par souci d'éthique. Je veux parler des allocations familiales (sujet développé ultérieurement).
 
         A la fin de notre journée, nous avons obtenu un petit livret, avec plein de statistiques très parlantes, dont je vais vous faire part, pour une partie. Je vous les donne à la volée.
          Il est écrit que 4 % des enseignants de mon établissement ont plus de 10 ans d'ancienneté au sein du collège, c'est faible, très faible comme taux de stabilité de nos effectifs.
         A l'entrée en 6ème, un élève sur trois à au minimum un an de retard.
         Plus de 60 % de nos élèves sont issus de familles défavorisées.
 
         C'es statistiques sont sensiblement équivalentes pour les autres établissements de la commune et des communes voisines.
 

         A la fin de la lecture de ces différents taux, nous comprenons que LA solution n'existe pas, parce qu'il n'y a pas UN problème, mais une multitude d'obstacles, qui rendent leurs résolutions complexes, et la vie dans l'enceinte des établissements y est difficile.

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Photo : Les Champs Elysée, Paris.

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 3 : Titulaire (07-08) recommander commentaires (11)   
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