ajouter un commentaire
A travers ces quelques pages, je vais vous raconter mon arrivée dans la grande
maison de l'Éducation Nationale. La vie réelle d'un jeune enseignant n'est pas toujours la représentation que nous en avons, surtout si cet enseignant se trouve en banlieue parisienne, dans un
établissement difficile.
J'espère que ce blog, ouvrira l'esprit de quelques personnes médisantes auprès des enseignants. Et qu'ils comprendront le quotidien d'un prof.
Surtout n'hésitez pas à lâcher des com (commentaires), pour me
poser des questions, je me ferai une joie de vous répondre, ou tout simplement pour m'encourager à alimenter ce blog, ça fait toujours pléz (plaisir).
Bonne lecture.
Un prof à la dérive.
La recherche google du moment : anti iufm
Une fois les élèves en classe et installés, il faut encore attendre avant l'appel, car il y a forcément des retardataires, donc au lieu de les marquer absents puis de rayer leurs noms pour les passer dans la colonne retard, mieux vaut attendre.
Donc vous débutez votre cours sans faire l'appel, c'est ainsi. Après la 1ère vague de retardataire attendez encore, car il peut y avoir une 2nd vague. Une dizaine de minutes après la sonnerie, vous pouvez effectuer l'appel. L'appel des 1er cours est complexe de part la prononciation des prénoms.
Je dois donc noter les absents sur le cahier d'appel (si les élèves ne l'ont pas perdu…), et sur le billet d'appel. Sur ce bout de feuille, je note les noms des absents et des retardataires. Vous me direz, mais pourquoi faire le travail 2 fois. Tout simplement, pour s'assurer que les élèves ne falsifieront pas l'appel. Car ce billet va directement dans le bureau des surveillants sans passer par les élèves.
Enfin cette fameuse rentée est là. Je suis anxieux de connaître mes élèves.
Je commence celle-ci avec une classe de 3° qui compte 28 élèves. A la sonnerie je récupère mes élèves dans la cours, que j'intitule "la fosse aux lions" (je développerai ce point un peu plus loin). Les élèves arrivent peu à peu, les élèves n'étant pas pressés d'aller en cours, il faut attendre, qu'ils veuillent bien rentrer.
Une fois dans le couloir, je leur demande de se mettre en rang et d'avoir le silence. Moi qui pensais que les élèves étaient toujours calmes le jour de rentrée, je mettais royalement "planté". Car en demandant le silence, j'entend distinctement, un "tu peux rêver", ces mots venant d'un groupe, je n'ai pas pu en savoir plus, je me suis retrouvé impuissant. Bien sûr, je les ai fâché comme il se doit, mais ça c'est terminé là.
Une fois dans la classe, je demande aux élèves de ne pas s'asseoir, car il se positionneront par ordre alphabétique en même temps que je ferais l'appel.
Je prends donc ma liste d'élève et je commence cet exercice périlleux, la prononciation des noms et prénoms des élèves.
Le reste du cours se déroulera plus ou moins normalement.
1) Introduction.
Le 1er Septembre, je peux enfin rencontrer mon collègue_, qui est aussi déboussolé que moi, car il est également néotitulaire, par contre il est titulaire du poste contrairement à moi. Par conséquent il est déjà venu dans l'établissement au mois de Juin, car il a eu connaissance de sa mutation plus tôt.
Très vite, je m'aperçois que l'équipe enseignante est jeune, la moitié des professeurs sont nouveaux cette année dans l'établissement, et une bonne partie est néotitulaire. Nous sommes tous fraîchement rapatriés de la province.
L'équipe de direction a également été renouvelée. Le principal nous prévient de la difficulté d'enseigner dans cet établissement. Au passage il nous donne le taux de réussite au brevet de l'établissement pour l'année 2006, qui est de 48 % !
2) Mes élèves.
Par la suite, nous obtenons notre emploi du temps et nos listes d'élèves. Je m'aperçois que les classes sont chargées en 3°, entre 27 et 29 élèves. Tandis qu'en 4°, les classes sont moins lourdes entre 20 et 24 élèves.
En regardant plus attentivement les listes des classes, je constate, qu'en grande partie les noms et les prénoms des élèves ne sont pas d'origine française. Lorsque je lis les prénoms, je ne sais même pas si il s'agit d'une fille ou d'un garçon, et je ne parle pas de la prononciation…
3) La découverte.
Après le discours du principal, nous ne sommes que 2 collègues, par conséquent nous partons visiter nos salles et voir le matériel dont on dispose. L'inventaire sera rapide vu le peu de matériel dont nous avons.
Au passage je vois ma salle de cours, qui est un peu désastreuse. C'est une grande salle, avec un côté entièrement vitré, sans rideau, avec les vitres extrêmement sales. Les tables sont empilées d'un côté et les chaises de l'autre. Des cartons traînent un peu partout dans la salle suite à l'installation de matériel informatique. Je me mets donc au travail entrain de positionner les tables et les chaises dans ma classe. Je remarque au passage qu'il me manque des places pour accueillir mes 28 élèves, je pars donc réquisitionner quelques tables et chaises pour avoir le compte.
Après cette installation plutôt longue, ma salle de cours est enfin prête pour recevoir mes élèves comme il se doit.
Il faut attendre une fois de plus pour obtenir ces informations.
La
période avant Noël fût particulièrement rude pour ma part. Lorsque je prenais ce fameux RER pour rentrer chez moi le soir après l'IUFM, je me triturais l'esprit, je me disais que je n'avais rien
appris, j'avais perdu mon temps, et en plus ils m'avaient enlevé le peu de motivation qu'il me restait. Il restait plus de 6 mois à faire.
Cette 1ère année a ressemblé étrangement à
un bizutage, celui-ci est particulièrement développé car il dure un an.
Lorsque vous souhaitez obtenir des informations, sur les mutations, les établissements, les déplacements pour les formations, votre salaire… surtout n'appeler pas le rectorat, car ils se feront une joie de vous laisser en plan, voire même de se demander pourquoi vous voulez avoir des informations, ils vous raccrocheront peut être au nez en vous engueulant.
Si vous souhaitez obtenir des informations, mieux vaut être syndiqué et appeler les syndicats. Les syndicats de l'éducation nationale sont performants et dévoués sur ce point.
Visiteurs
Petite pensée pour les enseignants. Cette chanson a un soupson de réalisme !
Les Fatals Picards : La sécurité de l'emploi.
Me contacter.
Commentaires