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Mardi 30 janvier 2007

         "Action réaction", je pense qu'il s'agit de la formule la plus adaptée à ce métier. Je me rappelle particulièrement d'un cours que j'avais finement préparé (j'avais orchestré une répétition la veille). Initialement je devais diviser la classe en groupes tournants. Un groupe devait passer en travaux pratiques_, et les autres élèves travaillaient sur des exercices sur tables. 
         Je débute donc ce cours en lançant le travail sur table et en donnant les consignes nécessaires. Puis avec le 2nd groupe, je débute les T.P._, et là c'est le drame. Les T.P._ ne fonctionnent pas comme convenu, je me dépêche donc de trouver l'erreur_, je m'acharne car le temps est compté. Non pas pour l'importance du cours, mais pour rester le seul maître à bord (un élève sans travail est un élève perturbateur). 
         Ceci ressemble étrangement à une panne sur une ligne de production. Les industriels parlent de milliers d'euros de pertes par ¼ d'heures. Dans mon cas, je ne parle pas d'argent, mais seulement de "survie" ! 
         Vous voulez savoir comment c'est terminé cette histoire. Et bien j'ai cherché le problème_ tout en gardant un œil sur les élèves. Certains élèves ont commencé à me "chambrer" gentiment. J'ai vite été débordé par la situation, il fallait trouver une solution de toute urgence. Action réaction, j'ai donc transformé le simple exercice du groupe, en un contrôle surprise improvisé étendu à la classe entière. Ceci a radicalement changé la donne. Je suis redevenu le maître incontesté de la cérémonie, et je me suis remis à respirer. Sauvé ! 

         Durant une année, de nombreux cours ne se déroulent pas comme prévu, dans ce cas il faut improviser ou même broder (diluer simplement un cours qui a une durée initiale de 15min en un cours complet d'une heure), à l'image des formateurs IUFM.

par Le prof publié dans : Chapitre 1 : Enseignant stagiaire (2005-2006). recommander commentaires (2)   
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Mardi 23 janvier 2007

         Les 1er bavardages sont vites maîtrisés, mais jusqu'à quand ? Environ 1 mois maximum, après, il faut commencer à mettre des punitions, puis des mots dans le carnet de correspondance. 
         La meilleure solution reste encore de crier de toutes ses forces sur l'élève, en espérant qu'il en ressorte effrayé, et légèrement abasourdi. Cette intervention peut être bénéfique durant la totalité du cours. Je ne suis pas spécifiquement brutal, je ne suis pas le seul à utiliser ce dernier recours. 

         Les 1er objets volants non identifiés (je veux bien évidemment parler de : bout de gomme ou gomme entière, stylo, boulette de papier, élastique, morceau de clavier d'ordinateur (détérioration de matériel au passage) et même trousse, bref, tout ce que les élèves ont sous la main !), animent peut être le cours à ses prémices, mais devient très vite lassant. D'autant plus lorsqu'il s'agit de stylos ou de blanco qui "explose" littéralement dans la salle de cours. Ceci est vite accompagné des ricanements des élèves. Et vous ? Vous êtes là au milieu vous avez beau crier, rien y fait. Je peux vous promettre que dans ces moments, vous vous sentez seul au monde et une envie de massacre vous submerge, mais il faut rester serein. 
         La maîtrise de soi est parfois complexe. Je précise que ces objets, sont le plus couramment lancés entre les élèves, mais parfois, ils peuvent atterrir sur l'enseignant. 

         Les 1ères réclamations sur la notation, sont d'un ennui… Surtout, il faut être intransigeant, ne jamais revenir sur une seule note, sinon c'est la classe entière qui défilera à votre bureau. Les élèves ont toujours de très bons arguments. Il y en a même quelques uns qui ont tenté de m'intimider, en précisant que leurs parents prendraient directement rendez-vous avec le principal ou avec moi-même. Et ceci est arrivé !

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Mardi 16 janvier 2007

         Fin Novembre, soit 2 mois ½ après ma 1ère rentrée, j'ai du faire mes vœux. Je commence juste ce métier que je dois déjà savoir ou je veux aller, ou plutôt partir!!! 

         "Mutation", ce mot suffit à faire peur aux enseignants. Pourquoi ? En passant le concours, je savais que j'irai enseigner dans la région parisienne, mais je ne me doutais pas de la durée. Je vais vous expliquer, soyez attentifs. 
         Pour la 1ère année nous avons 21 points (c'est le minimum). En ayant ce barème, la plupart des académies sont inaccessibles (aux alentours de 300 points). Chaque discipline à ses propres barèmes (ces dires ne sont donc valables que pour ma matière). Les seules académies que nous pouvons choisir, sont Versailles ou Créteil, au choix ! 
         Vous pensez, que 2 ou 3 ans suffisent pour que ces autres académies soient accessibles. A raison de 7 points par échelon, il existe 11 échelons sur la totalité de la carrière d'un enseignant (7 x 11 = 77 points), de 65 points tous les 4 ans à condition de rester sur le même poste. Il faut donc attendre 16 ans au même endroit, pour pouvoir enfin envisager un départ ultime

         Il existe bien évidemment d'autres solutions, dont certaines sont risquées. 

         La 1ère, "les Pacsés" la plus répandue entre enseignant. Ce Pacser, mais attention, ce n'est pas aussi simple que ça. Il faut que votre pseudo conjoint, travail dans la région où vous souhaitez être muté. Pour cela, il faut avoir des amis (un seul suffit) très compréhensifs, sûrs et qui travaillent. Vous l'aurez compris par vous même, il n'est pas nécessaire de s'aimer! Certains acceptent de se pacser pour quelques euros ou par simple amitié. Ce système vous assure une mutation en 3 ans grands maximums. 
         C'est très apprécié car c'est le plus efficace et le moins risqué, aucun contrôle n'est effectué par le ministère. 

         La 2nde, "les battants", demander un établissement APV (Affectation à caractère Prioritaire justifiant d'une Valorisation), je précise que la valorisation financière est plus que minime. 
         Les établissements APV, ouvrent droits à des bonifications, 300 points sont données à la fin de 5 années complètes d'enseignement, si vous vous arrêtez en cours de route de manière importante (arrêt maladie, congés parental…), le temps comptabilisé est suspendu. Les établissements sont classifiés APV, s'ils ont l'un des 4 intitulés, PEP IV, ZEP, zone sensible ou zone violence, certains de ces établissements peuvent avoir plusieurs de ces intitulés, voire les 4 à la fois (c'est le gros lot !). 
         Cette 2nde solutions est risquée moralement voire physiquement. De plus, il faut absolument finir les 5 année pour obtenir ces fameux points. 

         Les autres solutions sont "atypiques", vous obtiendrez des points supplémentaires, si vous avez la garde d'un enfant, vous étiez fonctionnaire auparavant, vous êtes handicapés et justifié de soins, sportifs de haut niveau, originaire d'un DOM TOM… 

         Si vous ne pouvez ou ne voulez pas envisager une de ces solutions et hors mis le coup de piston habituel car vous ne connaissez personne, faites vous une raison... 
         Ce qui est injuste, c'est que vous ne connaissez pas le fonctionnement des mutations avant de rentrer dans l'éducation nationale. Ils se gardent bien de vous le dévoiler. Personnellement je le vis comme une trahison.

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Mardi 9 janvier 2007
         Pour débuter, je n'ai pas eu de paye au mois de Septembre comme tous mes collègues. Nous avons dû attendre fin Octobre pour être payé 2 mois.
         L'excuse invoqué par le rectorat ? Elle est simple, ils n'ont pas eu le temps suffisant pour gérer les documents et nous payer. Pour ma part, je savais que je rentrais à l'éducation nationale depuis fin Juin. Ce qui signifie que 3 mois est un temps insuffisant pour payer les employés du rectorat…
         Il en est de même pour les échelons. Les 1ers échelons sont passés à l'ancienneté, c'est-à-dire que tous les enseignants ont leurs salaires qui augmentent en même temps. Il faut croire que le rectorat ne le sait pas, car nous sommes contraints d'attendre 3 mois minimum pour bénéficier de notre augmentation.
 
         Autre moment fort, les remboursements des tickets de transport en commun.
 
         Tout d'abord, il faut savoir que l'état impose aux employeurs de la région parisienne le remboursement à hauteur de 50% du trajet domicile travail en transport en commun à leurs employés.
         Pour aller à l'I.U.F.M., je prend un ticket mensuel zone 1-5, car je dois passer par Paris pour aller à l'I.U.FM._, ce ticket coûte plus de 100€. Je m'attends donc à toucher aux alentours de 50€.
         Par la suite, je me renseigne, et là on m'explique que l'I.U.F.M. n'est pas considéré comme lieu de travail, donc je n'aurai aucune indemnité pour ce trajet. Je suis obligé d'aller à 2 endroits opposés (mon collège et l'I.U.F.M.), de passer des heures dans les transports en commun, et je n'ai aucun remboursement.
         Il faut savoir que l'I.U.F.M. est un centre de formation, et dans le privé, les trajets effectués pour la formation sont remboursés dans leurs intégralités.
 
         Je considère que tout ceci est scandaleux, car ce genre de chose est strictement interdit dans les entreprises et sanctionné par l'état.
         Les syndicats de l'enseignement soient disant puissants, cautionnent ce genre de chose, bravo !
 
         Pour terminer ce chapitre en beauté, je vais m'attarder un temps soit peu sur le contrat de travail. Vous savez ce fameux document, que nous devons signer dès le 1er jour de travail. Et bien dans l'éducation nationale c'est simple, il n'y en a pas.
         Lors de ma 1ère semaine de travail j'ai signé ce que nous appelons "les états de service", sur ce document apparaît notre lieu de travail, et le nombre d'heures enseignées, mais en aucun cas apparaît le salaire. Ceci veut dire, que j'ai commencé à travailler sans connaître mon salaire, étonnant!

         Mais ce n'est pas terminé. Je m'étais bien évidemment renseigné sur le sujet, je n'ai eu qu'un montant approximatif de celui-ci. J'ai dû attendre mon 1er salaire pour connaître réellement le montant exact, mais rappeler vous, le 1er "vrai" salaire arrive fin Octobre…l'attente fût longue pour découvrir enfin le montant de mon salaire.

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Samedi 6 janvier 2007

         Hhhha les cours… j'avais en possession le programme de ma matière_ (fournit par l'I.U.F.M.). Cet ouvrage qui vu de l'extérieur est censé ressembler à la bible de l'enseignant. Mais il n'en est rien, pour les 4 niveaux que représentent cette matière (6ème, 5ème, 4ème et 3ème), il y a des pages noircies qui ne veulent rien dire, pour ma part, je me suis appuyé "légèrement" sur la dizaine de pages intéressantes.
         Vous l'aurez compris, j'ai dû trouver de l'aide ailleurs.

         Le temps était compté, car chaque semaine, représentait pour moi un nouveau cours, et je devais trouver à "manger" aux élèves, sinon c'était la débâcle qui me guettait. Chaque cours à venir représentait pour moi un compte à rebours.
         J'ai commencé par récupérer des informations sur internet, mais également les cours des élèves redoublant. Il a fallu retravailler le tout, et contrairement aux dires des personnes extérieures, j'ai passé de nombreuses heures.

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 1 : Enseignant stagiaire (2005-2006). recommander commentaires (1)   
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Vendredi 5 janvier 2007
         Pour arriver à l'I.U.F.M., je devais passer 2h dans les transports en commun soit 4h aller retour. J'avais la formation_ le Mercredi et le Vendredi. Pour passer 2 jours à l'I.U.F.M., j'avais donc 8h de trajet.
         Avant le 1er cours à l'I.U.F.M., j'étais rempli d'espoir envers cette institution. J'avais réellement besoin de conseilsss multiplesss sur divers sujets : la discipline, la pédagogie, les cours proprement dits, les démarches à entreprendre... Car je sortais juste de mes études et d'une expérience dans l'industrie, donc je ne possédais aucune information sur ce métier, à part celles obtenues par un membre de ma famille(désolé c'est de famille…).
         J'étais un simple novice.
 
         Mon espoir qui reposait sur l'I.U.F.M. fût de courte durée. Nos 2 formateurs ont vite précisé qu'ils ne nous donneraient pas de cours, car nous devions apprendre (oui, mais comment ?).
         Que faisions-nous à l'I.U.F.M. ? Et bien nous apprenons la définition des expressions suivantes liées aux cours : meubler, délayer, temporiser… Mais si seulement l'I.U.F.M. s'en serait tenu là…
         Car chaque jour passé à l'I.U.F.M., est synonyme de baisse de morale. Je pensais que les formateurs devaient être motivés, pour nous transmettre l'envie du métier. Mais il n'en est rien, au contraire. Ils nous disent que notre discipline est vouée à disparaître, et que nous devons attendre tranquillement la mort de celle-ci.

         Il y a également les formations interdisciplinaires, elles sortent de l'ordinaire. L'une d'entre elle, est surnommée par les stagiaires "les alcooliques anonymes". Car nous expliquons nos problèmes (et ils sont nombreux), devant tout le monde, sans jamais obtenir de solution.

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Vendredi 5 janvier 2007

Pour ceux qui souhaitent laisser une trace de leur passage sur ce blog, n'hésitez pas à poster un commentaire sur mon livre d'or.
Merci de votre visite et de votre message.
A bientôt.
Proald.

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Vendredi 5 janvier 2007

         Enfin, le moment tant attendu, le Lundi 5 Septembre, je vois mes 1ers élèves, il s'agit d'une classe de 5ème. Durant le week-end, j'ai préparé ce cours avec les conseils forts utiles de nos formateurs I.U.F.M. Je fais donc la traditionnelle fiche de renseignements des élèves ce qui me permet de meubler le cours, puis ils font la page de garde du classeur_.
         Bref le maître mot de l'éducation nationale est de temporiser (dixit formateurs I.U.F.M.) !

         Le 1er cours est particulièrement éprouvant, car les élèves fixent sans arrêt le professeur, pour le connaître, ils scrutent le moindre de ses mouvements, chaque mot est attendu par les élèves. Ils sont excessivement calmes et concentrés, espérons que cela dure…

par Le prof publié dans : Chapitre 1 : Enseignant stagiaire (2005-2006). recommander commentaires (0)   
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Vendredi 5 janvier 2007

         La clientèle du collège_ est relativement aisée. Les parents d'élèves ont des métiers qui sortent de l'ordinaire (artiste, informaticien, directeur de musée, réalisateur de film et même principal du collège en question…). Le principal précise à la suite de son discours de rentrée (discours fort inintéressant), que nous pouvons être "victime" des parents d'élèves.

 

         Dans ma matière_, nous sommes 2 enseignants stagiaires et une enseignante qui est titulaire du poste. Celle-ci nous met d'emblée au parfum, comme elle n'est pas notre tutrice, elle n'est pas payée pour nous aider, nous devons donc nous débrouiller par nos propres moyens. 

 

         Comme vous le comprenez, l'année s'annonce particulièrement bonne… 

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Jeudi 4 janvier 2007

         J'arrive le 31 Août à la gare Montparnasse avec mes 2 valises imposantes, car je dois rester 1 semaine et ½ avant d'emménager de manière définitive sur Paris. Mon pote_ m'attend, après une brève discussion, il me prend généreusement une valise. Je le suis à travers les rues parisiennes, lorsque qu'il me fait signe de regarder en traversant la rue, et là j'aperçois la Tour Eiffel, cette vision me réchauffe le cœur. Nous arrivons dans son appartement, je rencontre sa copine_.

         Le lendemain matin, le Jeudi 1er Septembre, c'est le coup de feu, je prend le métro puis le RER pour effectuer la prérentrée à mon collège. Ce trajet en métro restera inoubliable, lors du changement entre le métro et le RER à la gare Charles de Gaulle Étoile, j'étais perdu au milieu d'une foule hostile à toutes communications. Les personnes marchaient à vives allures, sans se dérouter, tandis que j'essayais de me frayer un chemin à travers cette foule compacte. J'étais le seul à regarder les panneaux de direction pour m'orienter. Cet univers froid et solitaire m'a pris de plein fouet.

         Le Vendredi 2 Septembre, c'est le 2nd trajet que je dois effectuer, pour aller à l'I.U.F.M. Une fois ces 2 journées finies je peux enfin profiter du week-end, heureusement que la semaine fût courte. Vu, que je squattais chez mon pote, j'ai donc passé le week-end à visiter Paris. 

 

 

         Le Dimanche 4 Septembre, j'arrive à mon appartement avec mes 2 valises pour récupérer les clefs. Je suis contraint de faire du camping dans mon appartement durant 1 semaine en attendant mes parents qui doivent venir m'emménager avec le camion que j'ai pris le soin de réserver auparavant. Donc le soir je dors sur mon matelas pneumatique et mon duvet. Comme mon appartement ne dispose que d'une seule lampe dans le coin cuisine, je me couche en même temps que le soleil (un peu comme les poules).

par Le prof à la dérive publié dans : Chapitre 1 : Enseignant stagiaire (2005-2006). recommander commentaires (3)   
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